Le monotype, technique artistique addictive !

Par Christine Orihuela, 18/3/2018

Technique d'impression - monotype - Bien-être et Créativité - Saint-Leu-La-Forêt

Une technique artistique addictive ?

Il ne s’agit pas, bien entendu, d’une addiction au sens médical du terme, vous l’aurez compris. Mais on se prend vite au jeu créatif et pas seulement avec le monotype. Je vous parlerai d’autres gentilles « addictions créatives » dans un autre billet.

Pour l’instant, parlons du monotype.

Le monotype : qu’est-ce que c’est ?

Drôle de nom en effet. On parle d'un type ou d'un mono ?

Point du tout, ni l’un ni l’autre !

Le monotype est une technique d'impression qui donne lieu à une impression unique, une œuvre originale à chaque fois !

Vous rendez-vous compte ? Chaque fois que vous prendrez l'empreinte de votre travail pictural, celle-ci sera unique, vous ne pourrez la réaliser qu'en un seul exemplaire, vous ne pourrez pas la reproduire, d'où le nom ''mono''.

Chaque fois que vous ferez une telle impression, vous créerez une œuvre originale et unique. Waouh, impressionnant n'est-ce pas ?

Une technique ou bien un moyen d’expression à la portée de tous ?

La première fois que j’ai entendu parler de cette technique artistique,  je me suis dit : ‘’c’est compliqué, c’est réservé aux professionnels, aux imprimeurs. Il faut tout un tas d’outils et de matériel sophistiqué’’.

Puis en creusant un peu le sujet, j’ai appris que cela pouvait être accessible assez facilement en fait.

Le matériel absolument indispensable était facile à se procurer !

J’ai donc réuni le b.a.ba du matériel incontournable et je me suis lancée.

Le b.a.ba du matériel pour faire un monotype - Bien-être et Créativité - Saint-Leu-La-Forêt

Le b.a.ba du matériel

Le b.a.ba du matériel

Cette technique ludique et décomplexée nécessite un matériel facile à se procurer :

  • Une plaque rigide et non poreuse : du verre, du verre acrylique (type plexiglass), du métal, du mélaminé,
  • De la peinture acrylique. On peut aussi utiliser de l’encre d’imprimerie mais c’est plus onéreux et plus délicat à manipuler,
  • Des outils pour déposer la peinture sur le support : rouleau encreur, pinceaux, couteaux, etc…
  • Des outils pour ôter la peinture par endroits : des pointes en silicone, des peignes, des couteaux et une multitude d’autres outils,
  • Du papier.

Dès le début, j’ai adoré !

Je me sentais l’âme d’un chercheur : Je testais, je regardais le résultat et je recommençais pour vérifier le résultat, puis je refaisais en changeant juste une petite chose, un petit paramètre et j’observais encore. Comme un petit enfant qui expérimente, découvre et jubile !

Et je me suis surprise à essayer, essayer encore et encore, je n’avais plus envie de m’arrêter.

Je me suis vite retrouvée avec un tas de papiers imprimés, tous plus riches et variés les uns que les autres. Une vraie mine d’or ….en vrac.

Papiers créatifs - Bien-être et Créativité - Saint-Leu-La-Forêt

 

 

 

 

 

 

quelques exemples de ce qu'on réalise à l'Atelier Bien-être et Créativité

 

Ensuite la question a été : que vais-je faire avec tout cela ?

Ces trésors d’impression en tout genre devaient avoir une destinée à la hauteur de leur qualité

En tant qu’artiste peintre, je peignais déjà des tableaux où j’intégrais des morceaux de papiers issus de mes peintures précédentes. J’ai décidé de composer des tableaux avec ces nouveaux papiers imprimés, mes propres monotypes. Petit à petit j’ai créé mes tableaux de collage avec mes monotypes.

En voici un exemple :

Monotype - Christine Orihuela - artiste peintre - Bien-être et Créativité - Saint-Leu-La-Forêt

Baden 3 (2017) – Christine Orihuela – artiste peintre saint-loupienne

 

Comme avec mes collages, je composais en laissant faire aussi le hasard. En réalité, il ne s’agit pas tant de hasard mais plutôt d’intuition. Laisser faire mes ressentis avec l’aide de mes outils favoris : mes mains. Lâcher toute intention, tout du moins au début. Puis construire, placer, déplacer, chercher un équilibre des formes, des graphismes, harmoniser les couleurs entre elles, et pourquoi pas aussi inventer d’autres associations chromatiques, bousculer mes a priori, changer mes habitudes.

Prendre ensuite un peu de recul pour ‘’lire’’ le résultat. Mon œil est-il satisfait ? Aime-t-il la ballade chromatique que je lui propose ? Pas encore, pas tout à fait. Je décale, je positionne plus à droite ou plus au centre, légèrement décalé vers le haut…Ah voilà, là ça me plaît ! Je fixe les différents morceaux de papiers, l’encadrement viendra plus tard….

Quels effets obtient-on avec cette technique ?

Les effets possibles sont extrêmement variés, voire illimités et je suis prête à parier que, vous aussi, vous vous laisserez entraîner dans ce jeu de découvertes un peu magique !

  • Les effets de traces
    Monotype - traces en noir et blanc - Stage Bien-être et Créativité - Saint Leu La Forêt
  • Les effets de clair-obscur

⇒ Voir le monotype d’Edgar Degas présenté plus loin : Le Sommeil

  • Les effets de superposition
     Monotype - superpositions de couches - Stage Bien-être et Créativité - Saint Leu La Forêt

Crédit photo : www.flickr.com/elenor martin

  • Les effets positif/négatif
  • L’empreinte ‘’fantôme’’
    Bien souvent cette deuxième empreinte qui est donc moins chargée en pigment que la toute première, l’original, est plus intéressante, en ce qui concerne l’effet visuel. L’empreinte, plus diffuse, révèle une atmosphère en demi-teintes, un peu évaporée, un peu diaphane.

Monotype - empreinte fantôme - Stage Bien-être et Créativité - Saint Leu La Forêt

Que faire avec vos monotypes ?

Je vous ai parlé de ma façon très personnelle d’utiliser ces monotypes, mais savez-vous que l’utilisation qu’on peut faire de ces magnifiques traces picturales est illimitée ?

Ainsi vous pouvez :

  • réaliser la décoration de vos carnets créatifs, journal intime, agenda, bullet journal
  • faire recouvrir à vos enfants leurs cahiers d’écoliers, leurs classeurs et autres fournitures de bureau,
  • fabriquer vos cartes, étiquettes, sacs en papier, ou enveloppes, papier pour emballer vos cadeaux,
  • créer des mobiles, photophores, ou guirlandes lumineuses,
  • Faire des compositions de tableaux abstraits ou figuratifs et bien d’autres…

Monotype - Objets décorés - Bien-être et Créativité - Saint-Leu-La-Forêt     Monotype - boîtes de rangement - Bien-être et Créativité - Saint-Leu-La-Forêt

Petite histoire du monotype

Peut-être ne connaissez-vous pas Giovanni Benedetto Castiglione ?

Moi non plus, je ne le connaissais pas avant de m’intéresser au monotype.

Giovanni Benedetto Castiglione, dit Le Benédette en français et Il Grechetto en italien (d’après Wikipédia) était un peintre, graveur et imprimeur italien au 17è siècle.
Mais il semblerait que Giovanni Benedetto Castiglione soit l’inventeur de cette technique artistique !
Cela vaut la peine de retenir son nom, vous ne trouvez pas ?

Voici une de ses œuvres : La création d'Adam, vers 1642.
Observez l’atmosphère dramatique qui s’en dégage.

Monotype Giovani Benedetto Castiglione
Source : Wikipédia

Le monotype, un art pour les amateurs uniquement ?

Savez-vous que des peintres célèbres ont pratiqué le monotype ?
Je vous ai fait un petit ‘’medley’’ qui vous montre des effets très variés d’un artiste à l’autre. Régalez-vous !

Ainsi, Edgar Degas a réalisé avec cette technique  Le Sommeil (1883-1885), exposé au British Museum à Londres.
Admirez le travail du clair-obscur.

Monotype Le Sommeil - Edgar Degas
Source : https://artsandculture.google.com/asset/edgar-degas-le-sommeil-sleep-a-monotype/OQHiliA3xQ9rng

 

Plus proches de nous,

Paul Klee est un des artistes renommés qui a le plus utilisé le dessin monotype qu’il réalisait notamment sur des fonds aquarellés.

Monotype Paul Gauguin
Portrait de Mme P. dans le sud, 1924
Source : https://www.guggenheim.org/artwork/2154


Paul Gauguin
a créé en 1894 ce magnifique monotype coloré : Nave Nave Fenua
On reconnaît le style de Paul Gauguin, jusque dans ses monotypes et l’influence de ses voyages en Polynésie : un dessin concis et la saturation de la couleur.
Monotype Paul Gauguin
Source : un très beau livre à consulter : Paul Gauguin Monotypes / de Richard S. Field

 

Camille Pissaro également :

Ici un monotype intitulé « Vacherie le soir » (ça ne s’invente pas !), réalisé vers 1890.
Exposé à la National Gallery of Art, Washington D.C.

Remarquez l’impression de mouvement donné par le geste essuyé.

Monotype Camille Pissaro
Source : https://fineartamerica.com/featured/vacherie-le-soir-camille-pissarro.html

 

Pablo Picasso :

L’art d’aller à l’essentiel, des lignes pures et sobres. Un fond légèrement texturé, certainement obtenu par une pression mesurée lors de la prise d’empreinte.
Flûtiste et dormeuse, 1933, monotype sur cuivre
Monotype Pablo Picasso
Source : http://le-bois-grave.blogspot.fr/2013/11/pablo-picasso-monotypes-dessins.html

 

Et bien d’autres encore tels que  Toulouse Lautrec, Miro, Odilon Redon …

 

Comme vous avez pu le voir, le monotype est un art pictural à part entière, qui a été pratiqué par de grands noms de l’histoire de l’Art. Cet art produit des œuvres uniques et originales avec des effets étonnants qu’on ne peut obtenir autrement.

La facilité de mise en œuvre de cette technique lui confère un caractère ludique et spontané ou encore sérieux et réfléchi selon vos envies. Dans un cas comme dans l’autre, vous vous approprierez rapidement la technique pour vous laisser entraîner par son aspect mystérieux, voire magique dans l’immensité des rendus visuels. Et comme moi, vous pourriez bien en devenir totalement addict !

Mon enthousiasme vis-à-vis de cette technique ne s’est jamais démenti et de temps en temps j’y reviens avec toujours le même plaisir renouvelé de créer des papiers personnalisés.

Et vous, ça vous tenterait d’essayer ?

 

Alors rejoignez le stage "Découverte du monotype"
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